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Lordat ; sur la commune éponyme, département de l’Ariège (photographes : Didier Faure et Thomas Nicaise)
En 970, la « seigneurie » de Lordat (ministerio Lordadense) apparaît dans les textes (Florence Guillot *). Les énormes pierres servant d’assises à la seconde enceinte du château pourraient dater de cette époque. Une soixantaine d’années plus tard, le castrum de Lordato, possession de Pierre-Raymond de Carcassonne, est mentionné. Les murs bâtis en arête de poisson (opus spicatum) pourraient avoir été construits dans ce XIème s.. Il faut attendre 1137, pour qu’un premier seigneur de Lordat (Willelm) apparaisse (F. Guillot). Le plus connu de cette famille sera Sicard, l’architecte du comte de Foix -Gaston Fébus- au XIVème s. (voir Pau ou Mauvezin). Durant le siècle précédent, le château est une monnaie d’échange entre les comtes de Foix, les rois de France et d’Aragon. D’ailleurs Jacques II d’Aragon, lors de l’une de ses incursions dans le Haut Sabarthès, détruira partiellement la place. Elle sera reconstruite à partir de 1295 (Charles-Laurent Salch). La base Mérimée décale cette restauration au XVème s.. En janvier 1582, le roi de Navarre -Henri III (le futur Henri IV)- ordonne le démantèlement de la place forte (C.L. Salch). Un rapport de 1672 en apporte la preuve (F. Guillot).
Le château, de forme elliptique, se développe sur 100 m de long pour 65 m de large. Deux enceintes concentriques protégeaient le sommet du rocher où se dressaient le donjon et les logis. Deux tours-portes en permettaient l’accès. Celle de l’enceinte basse (au sud-est du site) est rectangulaire (7 m x 4 m) et se développe sur cinq étages. Sa face extérieure a été épaissie (XIVème ou XVème s.) pour y insérer une herse. Sur cette partie, la plus vulnérable du site (face au village), les défenses étaient renforcées par un mur de courtine plus épais et par une tour quadrangulaire qui surplombait la barbacane (aujourd’hui disparue).
* Naissance, évolutions et fonctions des fortifications médiévales dans les comtés de Foix, Couserans et Comminges -pages 21 à 29 - PCR – 2009