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Beaumont-le-Richard (Englesqueville-la-Percée - Calvados)
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Beaumont-le-Richard ; sur la commune d’Englesqueville-la-Percée, département du Calvados (photographe : Didier Faure)
Seule la partie résidentielle de ce château normand subsiste de nos jours. Elle se compose d’un bloc d’habitation (chamber-block en anglais) -de la moitié du XIIème s.- remarquablement conservé et d’une grande salle (aula/hall en anglais) restructurée aux XVème et XVIème s. Un plan de 1769 nous montre, côté nord, l’existence d’un châtelet d’entrée à tours circulaires (aujourd’hui disparu).
Richard 1er de Hommet, par mariage vers 1150, prend le titre de seigneur de Beaumont. Il devient connétable * de Normandie vers 1154. Est-ce ce statut qui lui permet de bâtir le château ? Sans doute… Les Hommet conservent ce fief jusqu’au XIVème s. La famille de Hotot le vendra en 1632 à Jean de Choisy qui transforme le bloc d’habitation en chapelle.
Ce dernier est un bâtiment rectangulaire (18 m x 8 m environ) à contreforts plats. Au-dessus d’un cellier voûté, l’étage se compose d’une salle de réception ornée d’arcatures aveugles et d’une chambre dont le contrecœur de la cheminée, au XVème s., a bouché les baies de la face sud-est. Des latrines, au siècle suivant, sont venues se loger dans l’angle sud de cette pièce. Le décor extérieur (niche à colonnettes supportant deux arcades surmontées d’un cordon) est encore présent sur le pignon sud-est.
La grande salle (environ 20 m x 10 m) se composait, au XIIème s., d’une nef à contreforts, accolée à l’est par un bas-côté. Le passage entre les deux se faisait par une série d’arcades retombant sur de lourds piliers circulaires. Une de ces colonnes est conservée dans l’angle sud-est de la nef. Dans l’angle opposé se trouve un escalier en vis permettant de se rendre sur le couronnement du mur. Les restructurations du XVème s. (nef raccourcie côté sud, démolition du bas-côté oriental, arcades murées) lui ont fait perdre son aspect d’origine mais la grande salle du château de Bricquebec peut nous en rappeler le souvenir. Un bâtiment, plus au nord, conservait une série de pierres au décor en bâton brisé (en 1919) et une cheminée (détruite entre 1964 et 1986).
* chef militaire de l’armée du roi ; « général en chef » des armées.